Lorsque, le 10 juillet 1940, l'Assemblée nationale a voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, nombreux étaient les députés et les sénateurs qui, s'étant prononcés pour le oui, n'imaginaient pas que le nouveau régime mettrait en place, sans attendre, des lois d'exclusion.
Or, dès juillet 1940, un texte décidait que les naturalisations intervenues depuis 1927 pourraient être remises en cause. Puis, très rapidement, un "statut des Juifs" était élaboré et publié en octobre 1940, soit moins de trois mois après le vote des pleins pouvoirs. Ce statut excluait les Juifs de l'enseignement, leur interdisait d'être officiers dans l'armée et, très généralement, d'occuper des postes de responsabilité dans la fonction publique et dans les entreprises.
Au cours des discussions en Conseil des ministres, Pétain s'est montré partisan des mesures les plus dures à l'égard des israélites.
Or ce statut ne devait absolument rien à l'Occupant. C'est de leur propre initiative que les responsables de Vichy l'ont conçu puis mis en oeuvre. Ainsi profitaient-ils de la défaite des armées de juin 1940, dont ils étaient eux-mêmes à l'origine, pour mettre en place un incroyable statut d'exclusion, totalement contraire aux principes de la République.
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De l'Union sacrée à Vichy
Le Désastre de 1940
qui paraîtra aux Editions Glyphe le 25 septembre 2010.

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